Jeudi 07 Janvier 2010
La mort de Philippe SEGUIN est une tragédie. C'est une des plus grande voix de la république qui s'est éteinte cette nuit. Il était pour moi le porte-drapeau de ce gaullisme social dans lequel je me reconnais. 3ème voie entre une social-démocratie à bout de souffle idéologique et un libéralisme dont on voit bien les travers. Oui, je partageais davantage avec Philippe SEGUIN qu'un simple anniversaire de naissance, par ailleurs synonyme d'une autre tragédie dans l'histoire politique récente.
J'ai eu l'honneur de le rencontrer plusieurs fois entre 1998 et 2001 lorsque j'étais responsable du RPR en Isère, responsabilité qu'il m'avait confié. Sa voix caverneuse de fumeur invétéré résonne encore dans ma tête...
C'était d'abord un grand républicain qui ne s'intéressait qu'aux grandes causes. Préoccupé par le modèle choisi pour la construction européenne en 1992, dénonçant le Munich social dès 1993, voulant lutter contre la fracture sociale en 1995, cet homme de principes et de convictions, d’une intégrité hors norme, aura constitué évidemment un modèle, un repère pour le jeune militant politique que j’étais dans ces années là.
J’ai un souvenir mémorable. C’était en 1999 alors que le Conseil Régional devait élire un nouveau Président à la suite de l’invalidation de Charles MILLION. Je me souviens d’une conférence téléphonique nocturne surréaliste. Les élus régionaux réunis dans le bureau de notre groupe et lui au bout du fil…Il venait de réveiller Alain JUPPE et Edouard BALLADUR pour les consulter et, d’une voix plus éraillée que jamais, il voulait nous faire partager son analyse et sa stratégie…
On glosera évidemment sur son caractère impossible. Je veux surtout y voir la volonté farouche de ne pas négocier ses convictions. Ce destin brisé, et pour tout dire inachevé, ramène à cette impossible équation à laquelle le politique est souvent soumis : conquérir le pouvoir pour mettre en pratique ses idées et nécessairement accepter des compromis sur ses idées pour parvenir aux responsabilités - au risque d’y perdre son âme….
Au fond, la disparition de Philippe SEGUIN nous invite - au-delà de l’émotion - à la réflexion sur le sens de l’engagement public, le désert de la classe politique actuelle et l’ardente obligation de régénérer notre vie publique.
Il y a 2 commentaires pour cet article. (Le plus récent : Jeudi 07 Janvier 10)
Consulter les réactions des internautes.Rédigé par Franc - Tireur, le Jeudi 07 Janvier 10
Je suis profondément attristé.
Le courant politique du "gaullisme-social" est celui dans lequel je me retrouvais.
Intransigeant avec ses convictions, il défendait ses idées sans arrières pensées pour sa carrière.
Je crois que ses idéaux devraient inspirer nombres de nos dirigeants, et son intégrité morale devrait servir d'exemple.
Rédigé par Pierre, le Jeudi 07 Janvier 10
Oui un Homme Politique d'envergure très loin
des libérux à tout crin et des " m'as tu vu "
de tout genre comme certains (es ) Bling-Bling !
Pierre